Des violons chinois à 15 euros: les luthiers français appellent à résister

« Sur internet, vous trouvez des violons à 15 euros: c’est moins cher qu’un jeu de cordes! », soupire Gilles Braem, un luthier bordelais qui mise sur l’excellence et la pédagogie pour résister à la concurrence des violons chinois, moins chers et de plus en plus performants.

article_photo_1213360261355-1-0.jpgDevant les violons exposés au Grand-Théâtre de Bordeaux, où se tiendra samedi le Congrès annuel du Groupe des luthiers et archetiers d’art français (Glaaf), l’artisan préfère en sourire: « Avec des violons à 15 euros, ce qui coûte le plus cher, c’est l’abat-jour pour pouvoir le mettre sur sa table de nuit… On ne parle plus de violon mais d’objet ressemblant à un violon! ».« 

Il s’en vend malheureusement beaucoup, certains acheteurs ayant le sentiment de faire une bonne affaire. Acheter bon marché, ça revient toutefois cher quand c’est du jetable », remarque-t-il.« 

Les prix peuvent créer une incitation pour les débutants, mais si vous jouez sur un instrument de piètre qualité, vous allez vous décourager », note aussi Loïck Soulas, délégué de la Chambre syndicale de la facture instrumentale (CSFI), qui chapeaute les 300 à 350 ateliers français de lutherie.

Un violon chinois peut toutefois en cacher un autre. Derrière les produits bas de gamme fabriqués à la chaîne arrivent en effet de plus en plus de violons d’étude de bien meilleure qualité. Des instruments pour débutants proposés à partir de 500 euros – après révision par un luthier – contre près de 1.000 euros pour un équivalent français.

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